
Résumé :
Cette note montre que le Japon a construit, face Ă une exposition exceptionnelle aux sĂ©ismes, tsunamis, volcans, inondations et glissements de terrain, un systĂšme de couverture des catastrophes naturelles original, qui ne repose ni sur un rĂ©gime unifiĂ© de type français ni sur le seul marchĂ© privĂ©. AprĂšs avoir rappelĂ© la gĂ©ographie physique et administrative du pays, puis les spĂ©cificitĂ©s du marchĂ© immobilier japonais (abondance relative du parc, forte dualitĂ© entre propriĂ©tĂ© et location, faible valorisation du bĂąti ancien, importance des logements vacants), elle explique que lâassurance habitation japonaise est structurĂ©e autour dâun socle de fire insurance couvrant les pĂ©rils ordinaires et climatiques, auquel sâajoute un rĂ©gime spĂ©cifique dâassurance sĂ©isme, facultatif mais adossĂ© au contrat incendie, partiellement indemnitaire et massivement rĂ©assurĂ© par lâĂtat.
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LâĂ©tude montre ensuite, risque par risque, que le sĂ©isme constitue le cĆur du modĂšle japonais, avec un partenariat public-privĂ© trĂšs institutionnalisĂ©, tandis que lâinondation relĂšve surtout du marchĂ© privĂ© complĂ©tĂ© par des aides publiques ex post ; le tsunami et le volcan, eux, sont couverts juridiquement par le rĂ©gime sĂ©isme mais gĂ©rĂ©s administrativement par des dispositifs autonomes de surveillance, dâalerte, dâĂ©vacuation et de cartographie. Au total, cette note dĂ©fend lâidĂ©e que la « couverture » japonaise ne se rĂ©duit jamais Ă lâassurance : elle combine indemnisation privĂ©e, rĂ©assurance publique, rĂ©serves prudentielles, soutien budgĂ©taire, hazard maps et gouvernance territoriale, dans le but moins de compenser intĂ©gralement les pertes que de stabiliser rapidement les conditions de vie et dâorganiser la reconstruction aprĂšs catastrophe.